
En pleine urgence dépannage, votre premier réflexe ne doit pas être de trouver un artisan, mais d’activer votre protocole de crise, en commençant par votre assurance habitation.
- Les gestes conservatoires (couper l’eau/l’électricité) et la documentation photo/vidéo sont plus cruciaux que l’appel immédiat.
- Votre contrat d’assurance contient souvent un service d’assistance 24/7 avec un réseau d’artisans agréés à des tarifs négociés.
Recommandation : Vérifiez dès maintenant la clause « assistance d’urgence » de votre contrat et enregistrez le numéro dans votre téléphone. Ce simple geste peut vous faire économiser des centaines d’euros et beaucoup de stress.
Le bruit d’une fuite d’eau en pleine nuit du samedi au dimanche. Une coupure de courant totale alors que les invités arrivent. Ces scénarios sont la hantise de tout propriétaire, déclenchant une course angoissée sur internet pour trouver « plombier urgence » ou « électricien 24/7 ». Cette précipitation est exactement ce sur quoi comptent les professionnels peu scrupuleux. La plupart des conseils se concentrent sur la vérification des avis ou la demande de devis, des actions quasi impossibles à réaliser sereinement lorsque l’eau s’infiltre dans le plafond.
La réalité est que face à une crise, la qualité de votre réaction initiale est bien plus déterminante que la rapidité à trouver un numéro. L’approche traditionnelle, qui consiste à subir la situation en attendant un sauveur, est la porte ouverte aux tarifs exorbitants et aux abus. Mais si la véritable clé n’était pas de trouver le dépanneur parfait, mais de devenir vous-même un gestionnaire de crise efficace ? Si le secret pour éviter de payer le triple était d’appliquer un protocole calme et méthodique, même au cœur de la tempête ?
Cet article n’est pas une simple liste de numéros. C’est un plan d’action, un guide de survie qui vous transforme de victime potentielle en pilote de l’intervention. Nous allons vous donner les outils pour maîtriser la situation avant même l’arrivée du professionnel, pour le qualifier efficacement, sécuriser votre dossier d’assurance et protéger vos finances. De la gestion des tarifs abusifs à la documentation probante, vous apprendrez à reprendre le contrôle.
Pour vous aider à naviguer dans ce processus critique, cet article est structuré comme un véritable protocole d’urgence. Chaque section aborde une étape clé, de la compréhension des tarifs à la vérification finale de l’artisan, vous guidant pas à pas vers une résolution sereine et maîtrisée de votre problème.
Sommaire : Votre protocole pour une intervention d’urgence maîtrisée
- Pourquoi les tarifs de dépannage explosent-ils après 18h et le week-end ?
- Quels gestes effectuer immédiatement pour limiter les dégâts des eaux avant l’arrivée du plombier ?
- Artisan local ou plateforme nationale : qui appeler pour une urgence vitale ?
- L’erreur de ne pas vérifier son contrat habitation qui coûte 500 € de franchise
- Comment documenter l’intervention pour garantir le remboursement par l’assurance ?
- L’erreur de verser 40% d’acompte sans garantie de démarrage des travaux
- Comment le gaz traceur permet-il de trouver une micro-fuite sous 1 mètre de terre ?
- Comment vérifier la santé financière d’un artisan avant de signer un devis de 10 000 € ?
Pourquoi les tarifs de dépannage explosent-ils après 18h et le week-end ?
Le sentiment d’être pris en otage par des tarifs qui doublent, voire triplent, la nuit ou le week-end est une expérience partagée par de nombreux Français. Cette inflation n’est pas qu’une impression ; elle repose sur une mécanique économique simple, mais souvent exploitée. Premièrement, la loi de l’offre et de la demande : le nombre d’artisans disponibles et volontaires pour travailler en dehors des heures ouvrables est drastiquement réduit, tandis que la demande, elle, reste constante. Cette rareté a un coût. Deuxièmement, la législation du travail impose des compensations pour le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés, que l’artisan répercute logiquement sur sa facture.
Cependant, là où la situation dérape, c’est lorsque cette majoration légitime se transforme en abus. Le manque de transparence, le profit tiré de l’état de stress du client et des pratiques commerciales trompeuses sont malheureusement courants. Selon les enquêtes 2022 de la répression des fraudes (DGCCRF), près de 64% des établissements contrôlés dans le secteur du dépannage à domicile présentaient au moins une anomalie. Ces anomalies vont du défaut d’affichage des prix à des facturations excessives.
Pour vous protéger, vous devez connaître les ordres de grandeur d’une tarification « raisonnable ». Voici un baromètre basé sur les recommandations des associations de consommateurs et des pouvoirs publics, qui doit vous servir de bouclier mental face à un devis oral exorbitant. Toute proposition dépassant significativement ces fourchettes doit déclencher une alerte rouge.
| Type d’intervention | Tarif semaine (jour) | Tarif dimanche/nuit | Majoration acceptable |
|---|---|---|---|
| Ouverture de porte simple | 80-150€ | 150-250€ | +50% à +100% |
| Débouchage canalisation | 100-200€ | 200-350€ | +75% à +100% |
| Fuite d’eau simple | 120-250€ | 250-450€ | +80% à +100% |
| Panne électrique | 90-180€ | 180-350€ | +100% |
La maîtrise de ces chiffres est votre première ligne de défense. Elle vous permet de négocier avec assurance et de refuser fermement une proposition malhonnête, même dans l’urgence. Un professionnel honnête comprendra votre prudence ; un professionnel mal intentionné sera démasqué.
Quels gestes effectuer immédiatement pour limiter les dégâts des eaux avant l’arrivée du plombier ?
Face à une fuite d’eau, chaque minute compte. Votre premier réflexe ne doit pas être de saisir votre téléphone, mais d’agir pour maîtriser la situation. Ces gestes conservatoires sont cruciaux : ils limitent les dommages matériels, réduisent le coût final des réparations et démontrent à votre assureur que vous avez agi en « bon père de famille ». Avant toute chose, respirez. La panique est votre pire ennemie. Un esprit calme vous permettra d’appliquer méthodiquement le bon protocole en fonction de la source de la fuite.

Avoir un petit kit d’urgence prêt à l’emploi, comme celui visible sur l’illustration, peut transformer une catastrophe potentielle en un simple incident gérable. Mais même sans outils, les actions de base sont à la portée de tous. Voici une matrice de triage simple pour savoir quoi faire, et dans quel ordre, en attendant le professionnel.
- Fuite sur un robinet ou sous un évier : L’action la plus simple. Localisez la petite vanne d’arrêt (souvent un papillon ou une molette) sous l’évier ou le lavabo concerné et fermez-la. Placez une bassine pour récupérer l’eau résiduelle. Si vous en avez, un ruban auto-amalgamant peut colmater temporairement la fuite.
- Fuite sur un tuyau apparent : Si vous ne pouvez pas isoler le circuit, n’hésitez pas : coupez l’arrivée d’eau générale au compteur. Ouvrez ensuite tous les robinets de la maison pour purger les tuyaux. Un collier de serrage est une solution temporaire efficace si vous en possédez un.
- Fuite provenant d’un plafond ou d’un mur : Le piège est l’eau qui s’accumule. Protégez immédiatement vos meubles et appareils électroniques avec des bâches ou des sacs-poubelle. Si le plafond (placo) commence à gonfler, percez un petit trou au centre de la cloque pour permettre à l’eau de s’écouler de manière contrôlée dans un seau. Alertez sans délai le voisin du dessus.
- Fuite au niveau des WC : Fermez le robinet d’arrêt du WC, situé généralement sur le côté ou derrière la cuvette. Videz ensuite le réservoir en tirant la chasse.
- Fuite sur un chauffe-eau : C’est une urgence double. Coupez impérativement l’alimentation électrique de l’appareil au tableau général ET son alimentation en eau. Si possible, engagez la vidange par la vanne du groupe de sécurité.
Un cas concret illustre parfaitement l’efficacité de cette méthode. Un particulier, confronté à une fuite un dimanche, a suivi les conseils de son assisteur : il a immédiatement fermé la vanne secondaire sous son évier, placé des bassines, puis a appelé son assurance. Résultat : un professionnel du réseau agréé est intervenu en moins d’une heure, sans avance de frais et avec une facture conforme, limitant drastiquement les dégâts et le stress.
Artisan local ou plateforme nationale : qui appeler pour une urgence vitale ?
Le téléphone est désormais entre vos mains. Le choix crucial se présente : faut-il tenter de joindre l’artisan du quartier, dont la carte de visite est sur le frigo depuis des années, ou faire confiance à une plateforme nationale qui promet une intervention en moins de 2 heures ? Il n’y a pas de réponse unique, mais un arbitrage à faire entre la proximité relationnelle et la garantie de service. Chacune des deux options présente des avantages et des inconvénients qu’il faut peser en fonction de votre situation.
L’artisan local offre un contact direct et potentiellement une meilleure connaissance de votre installation s’il est déjà intervenu. Cependant, sa disponibilité en urgence, surtout un dimanche, est très incertaine. Une plateforme nationale, quant à elle, fonctionne comme un régulateur d’urgence : elle dispose d’un large réseau d’artisans sous contrat, garantissant une intervention rapide et des tarifs souvent encadrés. Le tableau suivant synthétise les points de décision clés.
| Critère | Artisan local | Plateforme nationale |
|---|---|---|
| Délai d’intervention | Variable (30min-24h) | Garanti sous 2h |
| Tarif moyen dimanche | 150-250€ | Prix fixe annoncé |
| Garantie travaux | Variable | 1-2 ans systématique |
| Paiement | Sur place uniquement | En ligne ou sur place |
| SAV | Contact direct artisan | Service client 24/7 |
Quelle que soit l’option choisie, la phase de l’appel téléphonique est votre deuxième rempart contre les arnaques. Vous ne devez pas être un simple demandeur, mais un « qualificateur ». Un professionnel sérieux répondra sans hésiter à vos questions. Un interlocuteur fuyant ou pressant est un signal d’alarme majeur. Voici votre script de qualification à suivre à la lettre.
Votre plan d’action : Le script de qualification téléphonique en 5 questions
- « Quel est votre numéro SIRET et confirmez-vous être bien inscrit au Registre des Métiers ? » – C’est la question de base qui vérifie l’existence légale de l’entreprise. Un refus de répondre est rédhibitoire.
- « Le devis sur place est-il gratuit et sans engagement, même si je le refuse ? » – Vous devez obtenir un « oui » clair. Certains facturent le déplacement même en cas de refus, ce qui est une pratique abusive.
- « Pouvez-vous m’envoyer par SMS une fourchette de prix pour le déplacement et la première heure de main d’œuvre avant de partir ? » – Cela crée une trace écrite qui vous protège contre un changement de tarif une fois l’artisan sur place.
- « Quelle garantie proposez-vous sur l’intervention et comment fonctionne le SAV en cas de problème ? » – Un professionnel fiable garantit son travail. L’absence de garantie est un très mauvais signe.
- « Acceptez-vous le paiement par chèque et fournissez-vous une facture détaillée conforme pour mon assurance ? » – Le refus du chèque et l’insistance pour un paiement en liquide sont des marqueurs classiques d’entreprise frauduleuse.
Cet interrogatoire de quelques secondes vous positionne comme un client averti et décourage immédiatement les opportunistes. C’est un filtre extrêmement efficace.
L’erreur de ne pas vérifier son contrat habitation qui coûte 500 € de franchise
Voici le secret le mieux gardé des situations d’urgence : votre premier appel ne devrait pas être pour un dépanneur, mais pour votre assurance. La majorité des contrats multirisques habitation (MRH) incluent une garantie assistance ou dépannage d’urgence, souvent méconnue des assurés. Activer cette garantie est la décision la plus intelligente que vous puissiez prendre, car elle résout d’un coup la plupart des problèmes : délai, coût et fiabilité. En effet, les assureurs disposent de leurs propres réseaux de professionnels agréés, disponibles 24/7, comme le réseau INSURED Help qui couvre toute la France avec plus de 1300 prestataires.
En contactant votre assistance, vous bénéficiez de plusieurs avantages décisifs. Premièrement, l’intervention est organisée pour vous, vous épargnant le stress de la recherche. Deuxièmement, les tarifs sont négociés et encadrés par l’assurance, éliminant le risque de surfacturation. Enfin, dans de nombreux cas, vous n’avez même pas à avancer les frais pour la recherche de fuite ou la mise en sécurité, l’assureur réglant directement le prestataire.
Cependant, pour que ce scénario idéal se réalise, vous devez connaître deux notions clés de votre contrat : la franchise et le plafond d’intervention. Les ignorer peut conduire à de très mauvaises surprises. Une franchise de 500 €, par exemple, signifie que cette somme restera systématiquement à votre charge. Si la réparation coûte 700 €, l’assurance ne remboursera que 200 €. Si elle coûte 400 €, vous payez tout. De même, le plafond d’intervention est le montant maximum que l’assurance prendra en charge. Un plafond de 1000 € signifie que pour des travaux de 1500 €, l’assurance ne remboursera que 1000 € (desquels il faudra encore déduire la franchise). Il est donc impératif de connaître ces deux montants avant même d’avoir un sinistre.
Ne pas connaître ou ne pas utiliser cette garantie est une erreur qui se chiffre en centaines d’euros. C’est donner un chèque en blanc à un dépanneur inconnu alors que vous disposez d’un service « premium » déjà inclus dans vos cotisations. Le réflexe « Assurance d’abord » doit devenir une seconde nature.
Comment documenter l’intervention pour garantir le remboursement par l’assurance ?
L’intervention est terminée, la fuite réparée. Vous poussez un soupir de soulagement, mais la partie n’est pas encore gagnée. La phase suivante, tout aussi critique, est de vous assurer que votre assurance vous remboursera sans discuter. Pour cela, vous devez constituer un dossier de sinistre incontestable, et cela commence bien avant l’arrivée du dépanneur. Votre smartphone est votre meilleur allié. Vous devez devenir le « scénariste » de votre propre sinistre, en documentant chaque étape avec une précision quasi-légale.
Un dossier faible ou incomplet est la porte ouverte aux demandes de pièces complémentaires, aux retards de paiement, voire au refus de prise en charge. Suivez cette checklist à la lettre pour construire une documentation probante que même l’expert le plus pointilleux ne pourra contester.
- Photos horodatées AVANT : Prenez un minimum de 5 photos sous des angles différents. Montrez le problème (la flaque d’eau, le disjoncteur qui a sauté) mais aussi son contexte (la pièce, les meubles à proximité). L’horodatage prouve l’antériorité des clichés.
- Vidéo du problème en cours : Une courte vidéo (30 secondes suffisent) est extrêmement parlante. Filmez la fuite qui goutte, l’équipement qui fait un bruit anormal. Commentez oralement ce que vous filmez (« Nous sommes dimanche, 3h du matin, et l’eau coule du plafond du salon »).
- Photos PENDANT l’intervention : Documentez le travail de l’artisan (avec son accord). Prenez en photo les pièces démontées, l’origine de la panne une fois découverte. C’est une preuve de la nature réelle du problème.
- Photos APRÈS : Une fois la réparation effectuée et la zone nettoyée, prenez des photos du résultat final. Si possible, incluez un test de fonctionnement (le robinet qui ne fuit plus, la lumière qui se rallume).
- Conservation des documents : Gardez précieusement le devis signé avec la mention « bon pour accord », la facture finale détaillée (qui doit comporter le SIRET, le détail des pièces et de la main d’œuvre) et toute attestation que le professionnel peut vous fournir.
- Conservation de la pièce défectueuse : C’est un point souvent oublié mais essentiel. Demandez à l’artisan de vous laisser la pièce qu’il a remplacée. Placez-la dans un sac avec une étiquette datée. Elle sera une preuve matérielle capitale en cas de litige sur la nécessité du remplacement.
Ce dernier point est d’ailleurs une obligation pour le professionnel, comme le rappellent les associations de consommateurs. Comme le souligne un expert en litiges de consommation, cette précaution est une double sécurité.
Normalement, le professionnel est tenu de vous informer de cette possibilité de garder la pièce défectueuse. Ne serait-ce que pour faire un recours contre le professionnel si on s’aperçoit qu’il n’a pas bien travaillé.
– Expert en litiges de consommation, Europe 1
En suivant cette méthode, vous ne laissez aucune place au doute. Vous fournissez à votre assurance un dossier complet, structuré et irréfutable, garantissant un traitement rapide et favorable de votre demande de remboursement.
L’erreur de verser 40% d’acompte sans garantie de démarrage des travaux
La question du paiement est souvent source de tension, surtout en situation d’urgence. Un artisan vous demande un acompte important avant même d’avoir commencé ? C’est un signal d’alarme qui doit vous faire réagir immédiatement. Il est impératif de faire la distinction entre un dépannage d’urgence et des travaux de rénovation. Dans le cadre d’une intervention d’urgence (fuite, panne), la règle est simple : aucun acompte ne doit être versé. Le paiement s’effectue à la fin de l’intervention, une fois le problème résolu et le service constaté, sur présentation d’une facture détaillée.

Exiger un acompte pour une simple réparation d’urgence est une pratique commerciale agressive et suspecte. C’est une façon pour le professionnel de « sécuriser » un gain avant même d’avoir prouvé son efficacité, et cela vous prive de tout moyen de pression si le travail est mal fait ou inachevé. Votre position doit être ferme et sans ambiguïté : « Je réglerai l’intégralité de la prestation à la fin, sur facture, comme il se doit. »
La situation est différente pour des travaux plus importants qui nécessitent la commande de matériaux spécifiques (ex: remplacement d’un chauffe-eau, rénovation d’une salle de bain). Dans ce cas, un acompte est légitime pour couvrir l’achat des fournitures. Cependant, même dans ce contexte, il doit être encadré. Ne versez jamais plus de 30% d’acompte à la signature du devis. Le solde doit être échelonné, avec un paiement final uniquement après la réception des travaux, c’est-à-dire après avoir vérifié que tout est conforme et fonctionnel. Exiger 40% ou 50% d’emblée sur un devis important sans garantie claire sur la date de démarrage est une prise de risque démesurée pour vous.
En résumé, pour l’urgence : zéro acompte. Pour les travaux : acompte raisonnable et paiement final après vérification. Cette règle simple est un pilier de votre protection financière.
Comment le gaz traceur permet-il de trouver une micro-fuite sous 1 mètre de terre ?
Parfois, le problème est plus insidieux qu’une simple fuite sous l’évier. Vous constatez une surconsommation d’eau anormale, des traces d’humidité apparaissent, mais aucune fuite n’est visible. Le problème se situe probablement sur une canalisation enterrée ou encastrée. Autrefois, cela signifiait devoir creuser des tranchées ou casser des murs au hasard, avec des coûts et des nuisances considérables. Aujourd’hui, les professionnels disposent de techniques de recherche de fuite non destructives, relevant presque de la magie pour le non-initié.
Parmi ces technologies, le gaz traceur est l’une des plus efficaces pour les fuites enterrées. Le principe est ingénieux : le plombier isole et purge la canalisation suspecte, puis y injecte sous pression un mélange de gaz inoffensif et non inflammable (généralement de l’azote et de l’hydrogène). L’hydrogène, étant la molécule la plus légère, va s’échapper par la fissure, même microscopique, et remonter verticalement à travers la terre, le béton ou le bitume. Le technicien n’a plus qu’à balayer la surface avec un détecteur hypersensible, appelé « reniflard », qui sonnera précisément à l’endroit où le gaz s’échappe. Cette méthode permet de localiser la fuite avec une précision de quelques centimètres, limitant la casse au strict minimum.
Étude de cas : Les technologies de pointe au service du dépannage
Des entreprises comme IZI by EDF illustrent bien l’arsenal moderne du dépanneur. Pour une recherche de fuite complexe, elles combinent souvent plusieurs méthodes. La caméra thermique est utilisée en premier lieu pour repérer les zones de température anormalement froides causées par l’eau. Ensuite, le gaz traceur est injecté pour une localisation précise. Enfin, une caméra endoscopique peut être insérée dans la canalisation pour visualiser l’intérieur et confirmer la nature du défaut. Cette combinaison de techniques atteint un taux de réussite de 95% pour un coût souvent couvert par la garantie « recherche de fuite » des contrats d’assurance habitation.
Le gaz traceur n’est qu’une des options. Le tableau suivant compare les principales technologies pour vous donner une vision claire de leurs capacités et de leurs coûts respectifs.
| Technologie | Principe | Efficacité | Coût moyen |
|---|---|---|---|
| Caméra thermique | Détection par différence de température | 85% | 200-400€ |
| Gaz traceur | Injection H2/N2 et détection en surface | 95% | 400-800€ |
| Inspection vidéo | Caméra dans les canalisations | 90% | 300-500€ |
| Corrélateur acoustique | Analyse des vibrations | 80% | 350-600€ |
Connaître l’existence de ces méthodes est crucial. Si un artisan vous propose de tout casser « pour voir », sachez que des alternatives moins destructrices et plus efficaces existent. Exigez une recherche de fuite non destructive avant d’autoriser des travaux d’envergure.
À retenir
- Votre premier réflexe en cas d’urgence doit être d’appeler votre assurance, pas un dépanneur trouvé en ligne.
- La documentation (photos, vidéos, conservation des pièces) avant, pendant et après l’intervention est la clé d’un remboursement rapide et complet.
- Ne versez JAMAIS d’acompte pour une intervention d’urgence. Le paiement se fait à la fin, sur facture détaillée.
Comment vérifier la santé financière d’un artisan avant de signer un devis de 10 000 € ?
L’urgence est passée, mais elle a révélé un problème plus profond qui nécessite des travaux conséquents. Vous avez un devis de plusieurs milliers d’euros entre les mains. À ce stade, la fiabilité de l’artisan n’est plus seulement une question de compétence technique, mais aussi de solidité financière. Une entreprise en mauvaise santé peut faire faillite en plein milieu du chantier, vous laissant avec des travaux inachevés et un acompte perdu. Avant de signer un engagement aussi important, une vérification de 2 minutes s’impose.
Aujourd’hui, grâce aux outils en ligne, enquêter sur une entreprise est à la portée de tous. Cette diligence raisonnable n’est pas de la méfiance, mais de la prudence éclairée. Elle vous protège contre les artisans « fantômes » ou les entreprises au bord du dépôt de bilan. Voici les étapes à suivre systématiquement avant de signer un devis important :
- Demandez le numéro SIRET : Il doit figurer sur le devis. S’il n’y est pas, demandez-le. C’est l’identifiant unique de l’entreprise.
- Vérifiez sur internet : Depuis votre smartphone, allez sur des sites gratuits comme Societe.com ou Infogreffe.fr et entrez le numéro SIRET. Vous aurez accès à la « carte d’identité » de l’entreprise.
- Contrôlez les informations clés : Vérifiez que l’entreprise est bien active. Regardez sa date de création ; une entreprise de moins d’un an doit inciter à plus de vigilance. Assurez-vous que son activité déclarée correspond bien aux travaux proposés.
- Faites une recherche « réputationnelle » : Tapez le nom de l’entreprise suivi de termes comme « arnaque », « litige », « problème » ou « avis » dans votre moteur de recherche. Cela peut faire remonter des témoignages de clients mécontents.
- Consultez SignalConso : Le site SignalConso.gouv.fr, géré par la DGCCRF, permet aux consommateurs de signaler des problèmes. Une recherche rapide peut vous informer si l’entreprise a fait l’objet de signalements récurrents.
Certains réseaux d’artisans, comme Depanneo, imposent d’ailleurs des critères stricts pour intégrer leurs partenaires, assurant un premier niveau de filtrage. Ils garantissent par exemple que leurs artisans ont un minimum d’expérience vérifiée, offrant une tranquillité d’esprit supplémentaire. S’appuyer sur de tels réseaux peut être une bonne stratégie pour les gros chantiers.
Cette simple vérification est votre assurance anti-faillite. Si l’entreprise est saine et transparente, elle n’aura rien à cacher. Si les informations sont difficiles à trouver ou contradictoires, c’est un drapeau rouge que vous ne pouvez pas vous permettre d’ignorer pour un projet de cette ampleur.
Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à préparer votre « kit anti-urgence » : vérifiez votre contrat d’assurance, enregistrez le numéro de l’assistance, et préparez une pochette avec les documents importants. Être préparé est la meilleure façon de garantir que la prochaine urgence ne sera qu’un simple contretemps, et non un désastre financier.
Questions fréquentes sur la gestion du dépannage d’urgence
Que signifie concrètement une franchise de 500€ ?
C’est la somme qui reste à votre charge quoi qu’il arrive. Si la réparation coûte 700€, l’assurance ne remboursera que 200€. Si elle coûte 400€, vous payez tout.
Le plafond d’intervention, c’est quoi exactement ?
C’est le montant maximum que l’assurance prendra en charge. Un plafond de 1000€ signifie que même si les travaux coûtent 1500€, l’assurance ne remboursera que 1000€ (moins la franchise).